NEIGE ET AVALANCHES

LES AVALANCHES

     Il existe plusieurs types d'avalanches. Elles se différencient par la qualité de la neige mobilisée (poudreuse, lourde...), par leur forme de départ (ponctuelle, linéaire), leur type d'écoulement (aérosol, coulant...), leur mode de déclenchement (spontane, artificiel, accidentel...). Les avalanches qui font des victimes chez les skieurs sont (pratiquement) toujours des avalanches de plaques .  Elles se caractérisent par un départ linéaire (ligne de cassure bien visible), et la quasi-totalité des victimes ont déclenché elles mêmes la plaque qui les a ensevelies (déclenchement accidentel).

                                                                       Comment fonctionnent ces plaques ?

   Il faut, pour le comprendre, se remémorer ce qu'est la neige.

   La neige fraîche est composée de minuscules cristaux de glace en forme d'étoile. Ces cristaux ont une durée de vie très courte car ils vont se transformer en différents types de grains selon les conditions auxquelles ils seront soumis. Certains de ces grains ont une bonne cohésion entre eux et d'autres n'en n'ont pas du tout. 

  Une couche de neige formée d’un type de grains sans cohésion peut former une couche fragile. Le problème est que cette couche fragile est capable de supporter des tonnes et des tonnes de neige sans manifester la moindre fragilité en se comportant "comme des pilotis". Par contre si un élément (le passage d'un skieur par exemple...) vient à écraser en un point cette couche fragile (on parle de rupture ponctuelle dans la couche fragile), il y a risque de propagation de cette rupture sur une surface parfaitement imprévisible (de quelques mètres à plusieurs kilomètres carrés). Cette couche "effondrée", sans cohésion, montre cette fois toute sa fragilité et la couche de neige qui la recouvre n’est plus retenue si la pente est suffisante (les "pilotis" s'étant transformés en "billes"). C'est l'avalanche de plaque.

   L'inclinaison critique de la pente à partir de laquelle la couche de neige ainsi "décollée" va glisser est de 30 degrés.

   Et la plaque à vent ??? La plaque va porter ce nom simplement lorsque la couche de neige qui recouvre la couche fragile n'est pas "tombée du ciel" mais qu'elle a été apportée par le vent. Comme il n'est pas toujours évident de détecter que la neige qu'on a sous les skis a été apportée récement par du vent, ni de savoir quel type de neige se trouve en dessous et que son épaisseur est souvent très irrégulière, elle est particulièrement piégeuse.

                                                                                    Que retenir de tout cela ?

- Principalement que TOUT TYPE DE NEIGE peut partir en plaque. Ce qui compte, ce n'est pas la qualité de la neige que l'on skie mais celle de la couche inférieure sur laquelle elle repose. La plaque n'est donc pas reconnaissable par son type de neige.

- Contrairement à ce que l'on pense souvent, ce n'est pas le poids du skieur (ou groupe de skieurs) qui, en s'additionnant au poids de la plaque, déclenche le départ de celle-ci par traction vers le bas. Le poids du skieur provoque la rupture de la couche fragile et donc la perte d'adhérence de la couche de neige qui la recouvre. Ce qui montre l'importance de garder des distances entre chaque membre du groupe car, par exemple, la pression exercée sur le manteau neigeux par deux skieurs côte à côte est le double de celle qui serait exercée s'ils étaient espacés de plusieurs mètres.

- Qu'il ne faut pas systématiquement associer le mot plaque au mot vent. Il est parfaitement possible d'être confronté à une avalanche de plaque sans qu'il y ait eu du vent (elles sont alors souvent appelées "plaques de neige friable").                                                                                                                    

 

                                                          Comment se forment ces couches fragiles ?

Le savoir pour pouvoir anticiper leur présence est donc une des  clefs pour gérer le danger d'avalanches.

 

LA NEIGE

   La nivologie (étude de la neige) a la réputation d'être très compliquée et fastidieuse à étudier. Je ne dirai pas le contraire, mais pourtant les bases nécessaires à connaître sont assez accessibles.

   Des nuages, il tombe de la neige fraîche, minuscules cristaux de glace en forme d'étoiles. Cette neige est poudreuse même si l'enchevêtrement de ces étoiles donne une légère cohésion (feutrage), qui permet à cette neige de s'accumuler sur les branches d'arbres ou fils éléctriques.

   Quand dans le manteau neigeux, l'eau (qui est le composant de la neige) ne se trouve qu'en état solide et gazeux, la neige est qualifiée de neige sèche. Lorsque dans le manteaux neigeux l'eau est présente également en état liquide, la neige est dîte neige humide.

    Cette neige fraîche  va forcément se métamorphoser (ou transformer). En se transformant elle peut rester sèche ou devenir humide.   

 

    Si la neige fond et/ou si il pleut, de l'eau liquide va pénétrer dans le manteau neigeux et transformer les cristaux en grains ronds. On aura alors une neige humide. La neige va se tasser et se compacter (cohésion capillaire). Si il fait froid, l'eau liquide qui est dans la neige, va geler (cohésion de regel). Mais si la quantité d'eau liquide augmente trop, toute cohésion disparait (neige "pourrie" avalanches de fonte au printemps dans les versants sud).

 

     Même si la neige reste sèche, les cristaux de neige vont se métamorphoser. Pour savoir comment et en quoi, il faut tenir compte du gradient vertical de température; c'est quoi ? La couche de neige contenant de l'air, elle est donc isolante, ce qui fait que la température de la neige peut devenir très froide à sa surface et rester moins froide quelques centimètres en dessous (grace, ou à cause du pouvoir isolant de la neige). Cette différence de température rapportée à l'épaisseur de neige entre ces deux température, c'est le gradient. 

      Exemple:  si la température de la neige en surface est de -10° et que 20 cm en dessous elle est de -5° on a une différence de 5° pour 20 cm, donc de 25° pour 1 mètre; on dit simplement un gradient de 25°.

 

      Résultat :

       -Si le gradient est nul ou faible (jusqu'à 5°), les cristaux de neige fraîche vont se transformer en grains fins .
       _Si le gradient est plus important, ils vont se transformer en grains à faces planes et/ou en gobelets.

       Faces planes et gobelets (on les appele aussi grains anguleux) n'ont aucunes cohésion entre eux, la neige est sans consistance (farine, sucre en poudre...). Ils constituent des couches fragiles.

       Les grains fins ont la particularité de se souder entre eux par des ponts de glace. La neige va se compacter et avoir une bonne cohésion (frittage). Mais si le gradient vient à augmenter, ces ponts de glaces (qui assurent une bonne cohésion de la neige) disparaitront .

 

       A comprendre :

        Le gradient étant dû au pouvoir isolant de la neige qui fait que "le froid" ne va pas "pénétrer en profondeur", une neige légère est donc propice à un gradient important, une neige compacte, moins. Un travail mécanique de la neige, comme le damage ou le transport par le vent aura pour effet de rendre la neige compacte car en tassant la neige, elle fera diminuer le gradient et donc formera des grains fins.

       Le refroidissement de la surface de la neige a lieu lorsque la température est basse mais pas seulement: la neige se refroidit surtout par rayonnement lorsque le ciel est clair (même s'il ne fait pas froid).

       Ces conditions, ciel sans nuages, nuit, faces nord... sont donc favorables à la formation des couches fragiles et c'est peut-être l'une des choses les plus importantes à retenir, puisque, comme nous l’avons vu, ce sont ces couches fragiles qui sont à l'origine des avalanches de plaques

       
Elles (les couches fragiles) peuvent être constituées de neige fraîche, de faces planes, de gobelets et aussi de givre de surface. 

Résumé en dessin

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